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France -Fruits et légumes: Producteurs et consommateurs dénoncent les marges des grandes surfaces

Tomates dans les étals d'un supermarché parisien en 2008. Duclos Alexis/SIPA

Des ventes directes ont été organisées jeudi en région parisienne…

A 8h jeudi matin, deux camions remplis de fruits et légumes frais ont débarqué place de la Bastille à Paris. A 10h, tout était déjà vendu. Le syndicat agricole d’exploitants familiaux, le Modef, a encore une fois réussi son coup.

Tous les ans, depuis 1990, il organise pendant l’été une vente directe aux consommateurs de la capitale et dans une trentaine de villes en périphérie. L’objectif de l’opération: dénoncer les marges des grandes surfaces qui pèsent sur le revenu des agriculteurs et le porte-monnaie des Français.

« Prix raisonnable »

Acheminés du Lot-et-Garonne, les prix des tomates, melons ou nectarines défiaient toute concurrence. Les 3kg de tomates se sont ainsi vendus 5 euros sur les étals de Bastille, contre 2,50 euros le kilo en moyenne dans les grandes surfaces parisiennes.

« Nous n’avons pas proposé au consommateur un prix bas mais un prix raisonnable qui permet à la fois de lui fournir des produits abordables et de qualité tout en rémunérant le producteur », a expliqué à 20minutes.fr Bernard Poulmarch, exploitant à Gaujac.

Marge des grandes surfaces

Car les agriculteurs dénonçaient ce jeudi la diminution drastique de leur revenu. En cause selon eux? La différence entre le prix d’achat des grandes surfaces et celui qu’elles affichent en magasins.

Pour la tomate, elles ont ainsi payé le kilo 60 centimes d’euros cette année pour le proposer quatre fois plus cher au consommateur, d’après Bernard Poulmarch. « Nous ne pouvons pas vivre comme ça, c’est impossible. Nicolas Sarkozy s’est engagé à défendre le pouvoir d’achat des agriculteurs, il doit tenir ses promesses! », s’exclame l’agriculteur.

Engagement des grandes surfaces

Le Modef réclame notamment la mise en place d’un coefficient multiplicateur. Il interdirait aux grandes surfaces de vendre par exemple à plus d’1,50 euro le kilo de fruits et légumes si elles l’ont payé 1 euro au producteur.

Dans un communiqué publié ce jeudi, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a cependant rappelé qu’elle avait déjà signé des accords de modération de marges pour 2010.

Le ras-le-bol des consommateurs

Dans leur combat, les agriculteurs ont trouvé place de la Bastille un allié de poids: le consommateur.

« Les gens en ont assez de payer trop cher leurs fruits et légumes et de voir les grandes surfaces s’en mettre plein les poches sans rien faire. Mes melons m’ont deux fois moins coûté aujourd’hui que si j’étais allé au supermarché près de chez moi: ce n’est pas normal», s’insurge Mehdi, professeur de mathématiques à Paris.

« Nous sommes là pour soutenir les agriculteurs mais aussi pour acheter des fruits et légumes de meilleure qualité à des prix corrects. En grande surface, ils sont inabordables », explique un couple de retraités, arrivé place de la Bastille, sac sous le bras, en fin de matinée.

Mais face aux étals vides, ils ont dû repartir, penauds, acheter leurs salades dans le supermarché le plus proche.

[via] Elsa Meyer, 20minutes.fr

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