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CINEMA : A qui le Lion d’Or ?

Les vainqueurs de la 67e Mostra du cinéma de Venise seront dévoilés ce samedi soir, au Lido, avec une poignée de favoris possibles pour le Lion d’or, mais aucun triomphe d’évidence.

67e Mostra du cinema de Venise

Quentin Tarantino © AFP

Le jury, présidé par le cinéaste américain Quentin Tarantino, avait le choix entre 24 longs métrages en compétition pour le Lion d’or du meilleur film, tous présentés à Venise en première mondiale. La dernière rumeur en date, dans la journée, concernait le retour de Sofia Coppola, pour son film « Somewhere », portrait existentiel d’une star de cinéma, Johnny Marco (Stephen Dorff) qui tourne en rond dans sa Ferrari aux abords du Château Marmont, l’un des palaces de Sunset Boulevard, à Los Angeles.

A 39 ans, la fille de Francis Ford Coppola a déjà été récompensée et célébrée pour « Lost in Translation » et « Marie-Antoinette ». Elle est aussi l’ancienne compagne de Tarantino, qui s’était défendu dès la conférence de presse d’ouverture de tout conflit d’intérêts : « C’est vrai, il y a beaucoup de personnes que je connais bien dans cette compétition, mais mon intégrité parle d’elle-même. Je ne voterai que pour les films que j’ai vraiment aimés », avait-il assuré.

Le soupçon, ouvertement exprimé par la presse italienne, concernait également le réalisateur Monte Hellman, 78 ans, figure culte du cinéma indépendant et « découvreur » de Tarantino, dont il avait produit le premier film, « Reservoir Dogs ». Hellman a présenté à Venise « Road to Nowhere », mettant en scène un réalisateur piégé dans son propre film, son premier vrai film depuis trente ans, revendiquant l’influence de « L’Année dernière à Marienbad » d’Alain Resnais – Lion d’or en 1961 – et de « Mulholland Drive » de David Lynch.

La brise du Lido évoquait encore le nom du film espagnol, « Balada triste de trompeta », une parabole burlesque sur l’Espagne franquiste, qu’on avait vu Tarantino acclamer debout lors de la projection officielle. Sans que l’on sache si la récompense irait au metteur en scène, Alex de la Iglesia (« Le Crime parfait », « Mes Chers voisins » ou « Mort de rire ») ou à son acteur, Carlos Areces. De son côté, la critique internationale, selon une comptabilité tenue par le magazine Variety, favorisait plutôt samedi « Ovsyanski » (« Les âmes silencieuses ») du Russe Alekseï Fedortchenko et « Post Mortem », du Chilien Pablo Larrain, deux films hantés par la mort et le deuil, à l’image de cette 67e édition. Le premier est un long voyage dans une région isolée de la Russie, où deux hommes décident d’accompagner une femme jusqu’à sa dernière demeure, tandis que « Post Mortem » revient sur le coup d’Etat au Chili du 11 septembre 1973 vécu par un employé de la morgue de Santiago. Le film de François Ozon, « Potiche », seul éclat de rire du festival, figurait également dans le trio de tête de la critique, son actrice principale, Catherine Deneuve, étant citée parmi les

candidates sérieuses au prix d’interprétation féminine,
voire à un prix spécial pour l’ensemble de sa carrière.

Le plus vieux festival du monde, qui a pâti cette année d’une météo capricieuse, du chantier du futur palais du festival et de la fermeture du mythique palace de « Mort à Venise », l’Hôtel des Bains, a manqué de l’éclat des stars, accusant le contraste avec son désormais grand rival, le festival de Toronto qui s’est ouvert jeudi. Bien qu’il ne soit doté d’aucune compétition officielle avec jury, contrairement à Venise, Cannes ou Berlin, Toronto est devenu le rendez-vous des affaires, attirant la presse américaine et des dizaines de stars, de Nicole Kidman à Robert De Niro, Clint Eastwood ou Robert Redford.

[via] afp, lesoir.be

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