80 ans, Un âge sage et un anniversaire, que Jean-Paul Belmondo a préparé avec ses proches, tous réunis pour fêter avec lui cet évènement. Sa fille Stella, son rayon de soleil, comme il le dit si bien, la petite fille qu’il a eue avec Natty, était aussi de la partie, ravie d’être avec toute sa famille. L’acteur était chez son fils Paul et sa femme Luana ce week-end pour organiser la fête. Sa fille Florence, qui vit aux États-Unis, a traversé l’Atlantique pour lui, avec ses trois enfants, Christopher, Nicholas et Annabelle.
Etats-Unis : Avant la sortie de son nouveau film, Scorsese évoque DiCaprio
Shutter Island marque la quatrième collaboration de Martin Scorsese avec l’acteur Leonardo DiCaprio. Interview du metteur en scène admiratif de son nouvel acteur fétiche.
Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio, son nouvel acteur fétiche, après Robert De Niro. Andrew Cooper
Comment avez-vous débarqué à Shutter Island (l’île abritant l’hôpital psychiatrique où enquête le flic DiCaprio) ?
J’ai lu le scénario avant de lire le livre de Dennis Lehane (du même nom que le film, ndlr). Du coup, j’ai pu mesurer l’immensité du défi consistant à adapter cet ouvrage. J’ai été très ému par cette histoire et par la façon dont elle se termine. J’ai eu de la compassion pour Teddy Daniels, le personnage principal. Il y a tellement de souffrance chez lui… J’espère que ça se sent dans le film. Il m’a carrément happé. Je trouve passionnant tous les thèmes abordés dans cette histoire.
C’est votre quatrième film avec Leonardo DiCaprio. Qu’est-ce qui vous rapproche ?
J’ai eu comme ça une relation privilégiée avec Robert DeNiro. J’ai trente ans de plus que Leonardo mais nous avons beaucoup de choses en commun. Avec Les infiltrés, on a senti qu’on avait touché une collaboration très profonde, mais nous voulions aller au-delà encore, repousser certaines limites. Je pense que ce qui nous unit, c’est l’amour du cinéma. Nous sommes prêts à aller très loin si c’est pour servir le film. J’aime la notion de partage et de réciprocité dans le travail. J’aime travailler avec des gens à qui je donne et qui me donnent eux aussi.
Quelles qualités spécifiques appréciez-vous chez lui ?
Je dirais que sa qualité essentielle, c’est le courage. Et le travail de préparation auquel il s’astreint avant de tourner un film. Il a une façon unique d’explorer les zones d’ombre d’un personnage pour essayer de mieux le comprendre avant de l’interpréter. Plus je travaille avec lui, plus je suis impressionné par ça. Notre collaboration ne change pas fondamentalement avec le temps, mais je crois qu’elle s’intensifie. Nous avons essayé des choses auxquelles nous n’avions pas pensé jusqu’ici. Leonardo est toujours extrêmement impliqué dans tout ce qu’il fait. Il n’a pas peur d’y aller, il prend les choses à bras-le-corps. Le dernier soir du tournage, nous nous sommes regardés simplement, je lui ai dit « Merci », on s’est donné une longue accolade. Et c’était fini.
Shutter Island
Bande annonce du film « Shutter Island » en version française. Réalisé par Martin Scorsese Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley Date de sortie : 24 février 2010
Vous même, vous avez travaillé avec lui pour vous immerger dans cette histoire qui parle de la folie et de la criminalité dans les années 1950 ?
Plus que la maladie mentale en elle-même, ce qui m’a attiré dans cette histoire, c’est la question de la perception. Comment une personne réellement malade peut avoir une perception de la réalité différente de la nôtre. Dans les années 1950, à l’époque où se déroule le film, j’avais 8-10 ans. Je vivais dans une famille ouvrière plutôt conservatrice, j’appartenais à cette communauté italo-américaine assez fermée. C’était le contexte de la guerre froide et de la peur de la bombe atomique. Il y avait des gens formidables mais c’était aussi le coeur du crime organisé. J’ai vécu dans une atmosphère de paranoïa pendant vingt-cinq ans. Ce sont des sentiments qui existent toujours. Mais ce qui m’a le plus frappé dans mes recherches pour Shutter Island, c’est la brutalité des traitements médicaux. Dans les années 1950 déjà, la lobotomie a créé un vrai débat, c’était une solution très controversée. Il me semble qu’on la pratique encore aujourd’hui. Question : est-ce que ça aide ? Est-ce que les méthodes de traitement considérées comme humaines aujourd’hui le seront encore dans vingt ans ?
Comme Coppola, pourriez-vous changer complètement de registre et tourner une petite production d’un budget de 10 millions de dollars par exemple ?
Mais j’en cherche, croyez-moi ! Je n’ai qu’une envie, travailler. Plusieurs fois, ma carrière a connu des creux et j’ai pu penser que ça allait s’arrêter. Le succès financier et public des Infiltrés a tout relancé. Je ne pensais pas que ça marcherait à ce point.
Qu’en est-il de votre projet de biographie de Sinatra ?
C’est toujours d’actualité. Nous avons une première version du scénario, j’espère pouvoir entamer le projet. Je fais aussi des documentaires sur George Harrison et Fran Lebowitz (écrivaine et humoriste américaine).
[ via l’article d’origine ] Propos Recueilli par Pierre Fornerod, ouest-france.fr publié, le 21 Février 2010