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C’est le retour au made in France chez les créateurs

Marie-Christine Grammatico revendique le made in France. Le savoir-faire de ses couturières, à Guidel, séduit aujourd'hui de jeunes créateurs, qui lui confient la fabrication de leurs vêtements. Thierry Creux

Une nouvelle génération de créateurs branchés, choyés par les magazines de mode, revient à la fabrication française. Les Parisiens de French Trotters confient ainsi leurs modèles à l’atelier de confection Le Minor, à Guidel, près de Lorient. La patronne cherchait à lancer ce mouvement made in France depuis longtemps.

Atelier de confection Le Minor, à Guidel. Marie-Christine Grammatico, la volubile patronne, arbore comme tous les jours une marinière rayée. Un point commun avec le couturier Jean-Paul Gaultier. À ceci près que sa marinière à elle, « c’est du made in France. De la bobine de fil au produit fini ».

La voilà lancée sur son sujet de prédilection : « Le manufacturé sur la terre de Bretagne ». Chez Le Minor, depuis près de trente ans, les ouvrières tissent, tricotent, piquent et cousent les pièces emblématiques de la marque. Dont les célèbres marinières de toutes les couleurs. Pas un seul bout de manche n’est fait ailleurs. Les Japonaises se les arrachent (50 % des exportations) et en font même collection. « Nous avons 600 coloris référencés. Le rayé, je sais que c’est mode. Cela fait trente ans que nous en fabriquons ici. »

Les créateurs parisiens French Trotters adorent. Eux aussi vantent le retour aux machines à coudre bien de chez nous et poussent « les consommateurs à s’habiller local, comme on choisit de manger local », explique Clarent Dehlouz, l’un des fondateurs de French Trotters, boutique devenue marque, puis mouvement militant.

En toute logique, ils ont contacté Marie-Christine Grammatico pour fabriquer leur nouveau pull bleu. « Un modèle inspiré de celui des militaires de la Marine nationale. » Le vêtement, endossé par de jeunes mannequins, parade en ce moment sur les pages des magazines tendance.

French Trotters, comme d’autres créateurs, a repéré le savoir-faire breton dans le showroom que la patronne a ouvert au coeur de Saint-Germain-des-Prés pour présenter ses propres collections. Depuis deux ans, de jeunes stylistes qui refusent de délocaliser se tournent vers elle. Ils dessinent les modèles, « et nous, on les fabrique. De petites séries. Si le mouvement s’étend, il va redonner du peps au textile, en France. »

Marie-Christine Grammatico y voit une forme de revanche. Fille d’un ingénieur du groupe Bidermann, à Roubaix, elle se souvient : « Dans les années 1980, on a commencé à envoyer mon père dans les pays de l’Est pour lancer de nouvelles unités de fabrication. À l’époque, on se disait : ‘Du moment que le haut de gamme reste en France…’ On a vite déchanté. »

Cette Bretonne d’adoption bataille depuis longtemps pour créer unlabel qui garantirait aux consom-mateurs que l’étiquette made in France n’est pas usurpée. En vain. Mais elle est de moins en moins seule…

[via] Françoise Rossi, ouest-france.fr

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