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Mode: la “nouvelle couture” prend ses quartiers d’été

Maxime Simoëns a été invité pour la première fois à défiler dans le calendrier officiel de présentation des collections de haute couture printemps-été 2011. (c) Copyright Thomson Reuters 2011 / Jacky Naegelen

Invité à défiler dans le calendrier officiel, Maxime Simoëns, jeune créateur réaliste et bouillonnant, défend une “nouvelle couture” pour redonner des couleurs à une haute couture donnée moribonde faute de combattants.

Face à lui, les fastueux défilés des grandes maisons, Dior lundi, Chanel mardi, Gaultier et Valentino mercredi, seront les points d’orgue des trois jours de présentation des collections de haute couture printemps-été 2011.

“Elle était moribonde parce qu’il n’y avait pas de nouveaux membres”, a expliqué à Reuters Didier Grumbach, le président de la Fédération française de la couture et de la Chambre syndicale de la haute couture. Or, dit-il, “c’est essentiel pour l’industrie et sans nouvelle marque, il n’y a plus d’industrie”.

Trois jeunes Français, Maxime Simoëns, Alexandre Vauthier et Julien Fournié ont reçu cette saison une invitation, un précieux sésame obtenu grâce à un parrainage puis une élection.

Constatant que la haute couture n’est plus rentable mais véhicule une image très haut de gamme, le Lillois Maxime Simoëns, 26 ans, mise sur cette “nouvelle couture”, qu’il définit comme un “prêt-à-porter ultra-luxe”.

“On n’est plus dans le sur-mesure qui n’est plus adapté. Il y a de moins en moins de clientes, il faut s’adapter”, explique le jeune créateur, sorti major en 2006 de sa promotion à l’école de la Chambre syndicale de la couture parisienne, et passé par les ateliers de Christian Dior, Jean-Paul Gaultier et Balenciaga. “Cette nouvelle couture reste le symbole du luxe français.”

Cette hybridation entre haute couture et prêt-à-porter prend corps dans un chic pointu. Adepte de lignes minimalistes et architecturées, Maxime Simoëns joue des broderies et des imprimés.

Deux collections ont déjà été commercialisées et 1.600 pièces vendues. Sa jeune maison, créée en 2008, est entièrement autofinancée et peut compter selon le couturier sur une cinquantaine de clients.

PAS DE COUTURE SANS PRÊT-A-PORTER

Consciente de l’importance d’apporter du sang neuf à une couture en déclin, la Fédération a assoupli les critères qualitatifs et quantitatifs d’octroi de l’appellation “haute couture”, juridiquement protégée, et qui, pour un couturier, représente une consécration.

Invités récurrents du calendrier, le Brésilien Gustavo Lins et le Français Christophe Josse ont obtenu le label en janvier, portant à onze le nombre de membres de ce cercle très fermé.

Ils étaient 24 en 1987 : la haute couture a perdu plus de la moitié de ses acteurs en une vingtaine d’années, avec parmi les plus symboliques Christian Lacroix, qui a fermé en 2009 et Yves Saint Laurent, qui a choisi en 2002 de se consacrer au prêt-à-porter. Givenchy a opté cette saison encore pour une présentation privée de sa collection.

Les grandes maisons engloutissent plusieurs millions d’euros dans l’élaboration d’une collection et l’organisation d’un défilé malgré la raréfaction de clientes prêtes à dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros dans une robe. Pour ces historiques, la haute couture, non rentable, est une vitrine destinée à valoriser la marque et cette part de rêve est la meilleure garantie de sa pérennité.

“La haute couture est aujourd’hui la partie supérieure du prêt-à-porter”, a expliqué Didier Grumbach. “Elle ne peut pas exister sans prêt-à-porter, qui la finance, sauf pour quelques artistes comme Stéphane Rolland ou Frank Sorbier.”

Les clientes qui en ont les moyens, venues aujourd’hui de la plupart des pays émergents, se tournent vers la haute couture pour les très grandes occasions. Celle-ci est devenue un service supplémentaire, un choix stratégique.

Pour les créateurs plus confidentiels, la haute couture, qui est une appellation strictement parisienne, offre plus de visibilité. Difficile de se faire une place dans le calendrier surchargé du prêt-à-porter qui compte une centaine de marques.

Consciente de cette nécessité, la Fédération propose des subventions à ses protégés, de l’ordre de 20.000 à 25.000 euros. Maxime Simoëns a lui reçu 20.000 euros pour un défilé monté “avec des bouts de ficelle” qu’il évalue de “70.000 à 80.000 euros”.

“Grandir, grandir, grandir”, est aujourd’hui son objectif. Il a récemment habillé les actrices de la série américaine à succès “Gossip Girl”, ce qui a beaucoup contribué à sa réputation de jeune prodige.

par Mathilde Gardin
[via] Marine Pennetier, purepeople.com

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