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Sylvie Vartan, 50 ans après avoir enregistré « Sylvie à Nashville »

Sylvie Vartan
Rencontre avec Sylvie Vartan, l’occasion de parler de son nouvel album, de sa carrière, de sa famille. 50 ans après avoir enregistré “Sylvie à Nashville”, la chanteuse est de retour dans le Tenessee
Sylvie Vartan partait pour les Etats-Unis en 1963 pour enregistrer un album qui allait devenir culte pour ses fans : « Sylvie à Nashville ». 50 ans plus tard, elle y retourne pour enregistrer « Sylvie in Nashville » [ il sortira le 14 octobre prochain ].

Cet Album, c’est de la pure musique country rock, émouvante, anxiolytique, résolument positive. Il s’ouvre en beauté avec “Against the wind” signée Bob Seger et adaptée par David McNeil sous le titre “Cheveux aux vents”. Ce parfum qui émane de cette chanson va conserver toute sa puissance jusqu’à la dernière chanson. Au restaurant Le Murat, Sylvie Vartan se raconte en souriant parce que ce disque-là, elle l’adore.

✰ C’est un bon disque, « Sylvie in Nashville » ✰

❏ Je l’adore. Il m’a donné une folle envie de chanter et une énergie extraordinaire. Après mes concerts à Pleyel, il y a deux ans, je me suis demandée ce que je pourrais bien faire à l’avenir. L’idée d’aller chercher des chansons une fois de plus me semblait laborieuse. Souvent, les idées me viennent quand je rentre chez moi aux Etats-Unis, grâce à la distance. J’ai pensé que mon disque de 1963, « Sylvie à Nashville », était un disque important pour mes fans et, indépendamment de cela, j’ai conservé un souvenir extraordinaire de cet enregistrement. Cela fait un moment que j’avais envie d’y retourner et de me replonger dans cette musique country rock fondatrice pour moi. Il ne faut pas oublier qu’elle est la base du rock’n’roll et du blues. Aujourd’hui, en réaction à l’électro et au rap, il y a un vrai retour vers cette musique-là aux Etats-Unis. C’est une musique joyeuse, positive qui est nécessaire par les temps qui courent. J’adore ce disque parce qu’il y a de la joie et de l’humour dans les paroles. Ce disque est dynamique , il me ressemble. J’ai choisi des chansons que j’aime et j’ai appelé des auteurs avec lesquels j’ai l’habitude de travailler. David McNeil a merveilleusement adapté “Cheveux aux vents”. Je suis très excitée à l’idée de les chanter sur scène, j’en ai même perdu le sommeil.

✰ Comment s’est fait le choix des chansons ? ✰

❏ Ce sont mes choix. Il y a beaucoup d’adaptations, mais aussi quelques titres inédits comme “Non merci”, “En rouge et or” et “Si les années”. Je n’écoute pas beaucoup de musique. Bob Seger est l’un de mes chanteurs préférés, pour le reste j’ai privilégié des morceaux aux rythmes soutenus car c’est très difficile à trouver. La langue française est mélancolique et les compositeurs sont très souvent inspirés – inconsciemment parfois – par ce fond de mélancolie.

✰ Votre disque est très nostalgique, aussi bien dans les textes que dans les musiques.
On se croirait revenus aux années 60. ✰

❏ J’ai l’impression de retrouver les 20 ans, c’est extraordinaire ! Je sous-estime la portée de la musique avec laquelle j’ai grandi depuis que je suis enfant, alors que je ne pensais pas encore à chanter. Mon père était musicien et mon frère aussi, Eddie Vartan. Avec eux, j’ai toujours vécu dans le jazz, dans le blues. Mon frère, qui avait sept ans de plus que moi, est devenu trompettiste de jazz et il m’emmenait aux concerts. C’est lui qui m’a ouvert les portes de la musique, en fait. Il avait un talent fou, mais il restait en retrait, il était très discret. J’étais trop jeune pour me rendre compte de tout cela et, très vite, j’ai été emportée dans le tourbillon du succès. Au tout début, comme j’étais très jeune, mes parents avaient mis un veto : je ne partais pas en tournée, par exemple. Comme on m’avait renvoyé de l’école…

✰ Comment cela ? ✰

❏ J’avais 16 ans, j’étais en première à Hélène Boucher quand j’ai commencé à chanter et ma notoriété a rapidement semé le trouble. Un an après, quand j’ai chanté devant 200.000 personnes sur le Cour de Vincennes, ils ont du se dire qu’ils avaient eu raison de me mettre à la porte.

✰ Etait-ce une bonne chose de se lancer si jeune dans la chanson ? ✰

❏ Avec le recul, je me rends compte que j’ai eu une chance inouïe d’être jeune à cette époque-là, une époque charnière où tout a éclaté, la société, la musique, etc. Après le mouvement de révolte né aux Etats-Unis dans les années 50, petit-à-petit la jeunesse du monde entier s’est enflammée.

✰ Pensez-vous qu’il était plus facile de pénétrer le métier à cette époque-là ? ✰

❏ Nous avions une impression de facilité totalement fausse. Il faut tellement d’ingrédients pour faire un succès, mais il n’y a pas de recette. Comme pour le big bang, il faut que tout converge : l’époque, le talent, la passion, la motivation. Aujourd’hui j’ai le sentiment que les jeunes artistes se développent eux-mêmes sur les réseaux sociaux. A l’époque, c’était plus facile de percer tout de suite, encore fallait-il durer.

✰ Et pour durer, donc ? ✰

❏ Je crois que, dans mon cas, c’est la passion car j’ai toujours aimé ce métier et je ne l’ai jamais fait pour les mauvaises raisons que sont la gloire ou l’argent. La célébrité et la peopolisation polluent ce métier et sont néfastes aux vrais talents.

✰ Votre fils, David Hallyday, a du mal à percer ? ✰

❏ Lui, c’est différent, il est un peu en marge. Il est très talentueux mais aussi extrêmement exigeant avec lui-même, c’est un bon mélodiste qui reste perpétuellement insatisfait de son travail. Il est en train de terminer d’enregistrer son prochain disque. Pour revenir à la durée, moi j’ai été souvent seule dans mon cheminement. J’ai longtemps envié les tandems comme Jane Birkin et Serge Gainsbourg ou Michel Berger de France Gall. Je me demandais pourquoi je n’avais pas moi aussi quelqu’un à mes côtés, qui puisse me porter, me donner des idées.

✰ Là, vous parlez de couples mythiques.
Mais vous aussi du temps de Johnny Hallyday vous avez formé un couple mythique.✰

❏ Bien sûr, nous avons vécu des années lumineuses, les années qui sont décrites dans l’une de mes nouvelles chansons, “En rouge et or”.

✰ Pourquoi pleuriez-vous le jour de votre mariage ? ✰

❏ Je pleure souvent et facilement. Je n’avais pas peur de la foule qui était sans doute effrayante, mais je m’y étais habituée, c’était notre quotidien. Il y avait en bas de chez moi en permanence une quinzaine d’admirateurs. Ça n’existe plus.

✰ Ça vous manque ? ✰

❏ Non. Je suis quelqu’un d’assez discret et de timide. Je n’aimais pas du tout le fait d’étaler qui j’étais.

✰ Pourtant vous le faisiez. ✰

❏ Oui, mais c’était amusant. Quand Daniel Filipacchi nous commandait des reportages qu’il confiait à Jean-Marie Perrier, il nous demandait où nous voulions aller. Nous avions ce luxe inouï de choisir notre destination, on nous donnait les moyens de voyager dans les meilleures conditions à un âge où l’on rêve de découvrir le monde. C’était vraiment le cœur qui parlait, on ne savait pas ce qu’était le marketing.

✰ De là à se laisser prendre en photo le jour de votre accouchement ? ✰

❏ Cela faisait partie de notre travail. Nous avions un attaché de presse qui travaillait pour nous, nous qui ne savions pas que tout était arrangé, monnayé. Nous l’avons ignoré pendant plusieurs années parce que nous avions l’esprit ailleurs, totalement pris par l’excitation de partir en tournée et de chanter. Je voulais être artiste – pas forcément chanteuse – et tout est allé très vite. J’ai appris mon métier sur scène, avec le public. J’ai fait ma première tournée en première partie de Gilbert Bécaud. Je chantais trois chansons. Puis, je ne me suis plus arrêtée, j’ai passé des années sur les routes. C’était génial parce que tout était à découvrir, tout était intéressant. Je n’imprimais pas tout, mais ça m’enrichissait. Et les voyages. Comme je vous le disais, j’ai eu la chance de découvrir le monde à 18 ans dans un confort total, en étant bichonnée, adorée, adulée.

✰ Cela peut être violent aussi. ✰

❏ Quand j’ai écrit mon livre, “Entre l’ombre et la lumière”, je me suis rendue compte en retrouvant mes carnets de l’époque à quel point j’étais seule. C’est fou comme la célébrité vous isole. Quand je repense à ces années-là, je les vois en rouge et or, justement, couleurs de violence, de tourbillon, de folie, de succès. Voyager sans cesse et rencontrer des sommités, certes, mais ne pas avoir une seule amie. C’est fascinant, terrifiant. Je n’ai pas d’amie de jeunesse. Visiblement, cela me manquait, mais en même temps j’étais prise par mon métier et, très vite, par mon fils.

✰ Avec vos consœurs, Sheila et Françoise Hardy, vous n’étiez pas en rivalité ? ✰

❏ Au contraire, nous étions amies avec Françoise et Jean-marie Perrier faisait le lien.

✰ Sur l’album de 1963, il y a cette chanson écrite pour vous par Charles Aznavour,
« la plus belle pour aller danser ». ✰

❏ Charles avait une maison près de la nôtre, il venait souvent nous voir. C’est ainsi qu’il a écrit “Retiens la nuit” pour Johnny puis “La plus belle pour aller danser” pour moi. Je crois qu’elle fait partie des chansons les plus populaires, selon un sondage. Le public me la réclame toujours, au même titre que “Nicolas”, “La Maritza” ou “l’amour c’est comme une cigarette”.

✰ Sa Biographie ✰ ➔ ICI

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